Mario Sabaty . Galerie G328
Ce qui se joue dans l’œuvre de Mario Sabaty se situe étonnamment à mi-chemin entre l’art et l’archéologie. En résonance étroite entre peinture et sculpture, la démarche de l’artiste s’inscrit dans la lignée de celle des peintres dits «informels». Dans des œuvres matiéristes qui figurent les traces laissées par le temps, -strates résiduelles-, c’est une matière riche et puissante qui envahit le support et le sature avec équilibre pour en souligner la présence. L’intention de l’artiste est d’explorer, de fouiller, de manière sérielle, plusieurs voies d’interrogation de la matière, du format, du relief, par une capacité de résister aux chocs du temps, de l’histoire, de nos histoires.
Si Mario Sabaty dit «photographier» des instants et les représenter dans leur plus pure complexité, par l’usage de différents médiums, il cherche également l’harmonie dans ce que l’usure a pu permettre sur des matériaux érodés et les traces qui ont été recouvertes par d’autres couches substantielles. Ce jeu, avec le temps matérialisé est, à chaque œuvre, une réflexion, une possibilité de refigurer, de redonner sens à ce que l’on pensait perdu. Cette lecture initiatique, cette découverte nouvelle de la temporalité vont ainsi bien au-delà des confusions apparentes.
La série intitulée «Traductions» conjugue des traces importantes et une écriture filigranée qu’il nous faut décrypter. Entre ces deux graphies distinctes ou vestiges de dialogues, le regardeur pourra librement tenter de saisir les correspondances significatives. La série dite «Graphies», par ces idéogrammes, ces reliefs aussi, rappelle étrangement les gravures rupestres des temps ancestraux. «Composites» enfin, brouille les pistes par les conglomérats de métal, de ciment et de couleurs. Les œuvres de Mario Sabaty sont des fragments de temps que l’artiste créateur s’attache à recomposer.
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