Joan Miro . Miro en son jardin
Dans le cadre de son exposition d’été qui durera du 26 juin au 8 novembre 2009, la Fondation Maeght offre à découvrir un fond constitué de 250 œuvres de Joan Miro, présenté dans l’intégralité des salles et des jardins. Exceptionnelle, cette exposition met en exergue les liens privilégiés qu’ont nourrit l’artiste espagnol et la famille Maeght, tout en soulignant le foisonnement de la création de l’artiste qui s’est inspiré de ce lieu unique, sorte d’atelier à ciel ouvert. Une occasion rêvée de retracer le parcours et l’univers du grand artiste à travers des œuvres qui traduisent les nombreuses investigations de Joan Miro dans les métamorphoses de son art.

C’est dans cet espace méditerranéen, entre les grands pins qui s’élancent vers le ciel et les pelouses rases des jardins de la Fondation, que la première rencontre du promeneur a lieu avec les sculptures de l’artiste Joan Miro. Investis des œuvres du peintre et sculpteur catalan, les jardins sont jalonnés des imposants bronzes tels Monument et Personnage de 1970, Constellations de 1971, œuvres côtoyant des pièces d’assemblages plus colorées comme La caresse d’un oiseau, Femme assise et enfant de 1967, Personnage de 1968. Amenant le promeneur à l’entrée des salles, ses sculptures expriment déjà la richesse d’un langage et d’un imaginaire.
Ce seront de très nombreuses maquettes, peintures sur toiles ou papiers, céramiques, lithographies, dessins, tapisseries, livres d’art… qui, au fil de la déambulation, marqueront l’intérêt de cette exposition impressionnante et raviront ainsi les amateurs de l’artiste. La lecture de son œuvre graphique ou sculptée, dans cet hommage rendu, donne toute la dimension au génie de Miro et à la compréhension des métamorphoses et transformations qu’il a su appliquer dans son travail au travers de multiples médiums.
Les œuvres présentées à l’intérieur permettent de saisir le cheminement de la démarche de l’artiste et renvoient directement à celles installées à l’extérieur, parfois monumentales et associées pleinement à l’architecture et à la nature de la Fondation. Ainsi, reprenant le chemin du «Labyrinthe», l’amateur redécouvrira dans un jardin de sculptures et de céramiques, une vision du monde à partir de laquelle il pourra apprécier les transitions entre le visible et l’onirique mais aussi approcher objets, êtres vivants et monstres dans le monde fantasmagorique que l’artiste a su enfanter.
Déjà, dans ses notes de travail, rédigée en 1942, Miro avait émis cette idée et ce désir d’intégrer l’environnement naturel pour y faire vivre ses œuvres. «Que ma sculpture se confonde avec des éléments de la nature, arbres, rochers, racines, montagnes, plantes, fleurs, faire un atelier en pleine campagne…». Dans les années soixante, ce rêve se concrétise par la proposition du couple Maeght qui a pour volonté de créer spécialement pour la Fondation un jardin dédié à la sculpture et à la céramique monumentale. Cette magnifique expérience va lui permettre d’être présent partout, le long d’un fil d’Ariane blanc, qu’il peint lui-même, serpentant parmi les œuvres tels que l’Arc (en béton) de 1963, la plus imposante de toute, l’Oiseau lunaire et l’Oiseau solaire (en marbre de Carrare) de 1968, l’ Oeuf, le Lézard, la Déesse (en céramique) de 1963 ou encore la grande céramique murale de 1968. Murets de pierre, terrasses, bassins, tour, sources d’eau, chaque espace s’imprègne des formes et des volumes qui s’agencent avec harmonie par l’écriture plastique.
Jean Clay avait écrit «Miro a apporté au Labyrinthe une réunion unique d’œuvres plastiques. Leur extrême qualité, leur affinité avec la terre et le paysage constituent la plus importante des contributions qui ont fait de la Fondation Maeght un haut lieu de l’Art Moderne, sans équivalent dans le monde.» Profitons donc qu’il soit à Saint-Paul de Vence, tout proche.
2009. Auteur. Rodolphe COSIMI
« Miro en son jardin », Fondation Maeght à St Paul-de-Vence, du 26 juin au 8 novembre 2009.